Skip to main content

Six ans après l’entame de la grande mascarade covidiste, je persiste et signe : on n’évitera pas la récidive d’une telle hystérie virophobique si l’on ne tourne pas résolument le dos à l’infantile théorie pasteurienne du grand méchant germe pathogène. Comme l’a magistralement démontré le Dr Hamer, les micro-organismes ne sont pas des ennemis du genre humain mais des auxiliaires de santé chargés de démonter les amas cellulaires ou de restaurer les tissus lésés durant la phase active des conflits psycho-émotionnels. S’il convient parfois de tempérer leur action réparatrice, il est absurde de leur faire la guerre puisqu’ils œuvrent intelligemment au service de la vie sur injonction du cerveau inconscient. Les microbes sont nos amis, ils sont nos amicrobes !

Dans la revue Néosanté, nous avons maintes fois souligné le rôle positif des virus, bactéries, champignons et même parasites qui habitent ou qui s’invitent dans notre organisme. Nous avons notamment suivi attentivement l’évolution des recherches sur le microbiote. Il est aujourd’hui allègrement prouvé que notre flore intestinale est une pièce maîtresse du système immunitaire, une usine à synthétiser des vitamines et un atelier de production d’acides gras bénéfiques. Mais chaque semaine qui passe apporte de nouvelles révélations sur les amicales relations que nous entretenons avec le microcosme microbien. Parmi les récentes découvertes scientifiques, en voici quatre qui illustrent à quel point l’univers bactérien mériterait toute notre admiration et notre respect au lieu d’alimenter les peurs paranoïaques.

Les bactéries buccales adorent Mozart !

Commençons par la découverte la plus insolite : les microbes présents dans notre bouche réagissent à la musique et apprécient particulièrement celle de Mozart ! Pour leur étude à paraître prochainement, des chercheurs espagnols ont examiné la flore buccale de personnes souffrant de troubles cognitifs et celle d’un groupe témoin. Puis ils ont fait écouter à tous les participants des œuvres de Vivaldi, Strauss et Mozart. Résultat : la composition du microbiote oral a changé dans les deux groupes mais ce sont surtout les patients neurologiquement atteints qui ont profité de l’intermède musical. Ils avaient des taux notablement plus bas de Veillonella et de Porphyromonas, deux familles de bactéries impliquées dans l’inflammation cérébrale et l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Comment diable la musique classique peut-elle avoir une influence bactériologique ?

Selon l’une des hypothèses retenues, la musique fait du bien au cerveau parce qu’elle réduit le stress et diminue ainsi la réaction inflammatoire, d’où l’adaptation du microbiote à ce contexte apaisant. Mais selon une deuxième hypothèse, les microbes seraient directement réceptifs à l’environnement sonore. En 2016, une étude indienne avait d’ailleurs établi que des boîtes de Petri remplies de bactéries coliformes et de staphylocoques étaient davantage stimulées par la musique heavy metal. Grâce à l’étude espagnole, on sait désormais qu’une musique légère et harmonieuse peut exercer l’effet inverse et inhiber les souches associées à certaines maladies. À quand Mozart dans les hôpitaux pour maîtriser les infections nosocomiales ?

Comme le rapporte cet article, des expériences préalables sur les souris avaient déjà montré l’affinité des bactéries pour le génial compositeur autrichien. Par exemple, une étude chinoise a constaté que la quantité de lactobacilles grimpait en flèche dans l’intestin des rongeuses soumises à l’écoute du Quatuor pour flûte en do majeur. Or les agents lactiques modifient le pH entérique de sorte à faire fuir les salmonelles. Une autre étude chinoise a révélé que la flore intestinale des souris s’équilibrait rapidement grâce à la Sonate pour deux pianos en do majeur. Et à Berlin, les responsables d’une station d’épuration écologique affirment que les bactéries assainissent plus vite les eaux usées quand on leur passe l’opéra La Flûte enchantée. Toutes ces découvertes tendent à prouver qu’un « effet Mozart » peut littéralement métamorphoser le microbiome des êtres vivants. Gageons que la musicothérapie n’a pas fini de nous étonner !

Les microbes canins améliorent la santé mentale des ados

Poursuivons par une autre trouvaille de taille : les microbes transmis par les chiens agissent favorablement sur le cerveau humain ! Pour arriver à cette conclusion, les auteurs d’une étude parue dans iScience ont recruté 345 adolescents dont ils ont suivi pendant un an le parcours médical au point de vue psychologique et psychiatrique. Ils ont ainsi découvert que les jeunes de 13-14 ans grandissant dans une famille qui possède un chien avaient une meilleure santé mentale, développaient moins de problèmes comportementaux et tombaient moins souvent dans la délinquance.

Jusque-là, rien d’extraordinaire. Il est notoire que les enfants et ados vivant avec des animaux domestiques en tirent profit sur les plans social et relationnel. Sauf que les chercheurs avaient préalablement prélevé des échantillons de salive sur les teenagers et qu’ils les ont injectés à une lignée de souris dépourvues de microbiote. Bingo : ce sont les petits mammifères ayant reçu la salive des propriétaires de chien qui ont également obtenu les meilleurs scores de comportement. Les rongeuses étaient significativement moins agressives et plus sociables que leurs congénères ensemencées avec la flore buccale des ados privés de compagnie canine !

Ça veut dire que le gain de santé mentale ne repose pas uniquement sur les interactions entre un propriétaire humain et son animal : le bénéfice provient aussi des microbes qu’ils se partagent à force de vivre ensemble ! D’ailleurs, les scientifiques ont objectivé le lien de causalité microbien : chez les souris comme chez les ados, ils ont trouvé que la flore était beaucoup plus riche en ASV (Streptococcus Amplicon Sequence Variant), un type de streptocoque génétiquement différent des autres. Prescrira-t-on bientôt cette bactérie aux adolescents mal dans leur peau ? Soignera-t-on à l’avenir les voyous violents avec des probiotiques ? Ce qui est sûr, c’est que les chiens nous font du bien via les agents microbiens qu’ils nous transmettent. Dans l’article où il relate ce phénomène, l’épidémiologiste américain Nicolas Hulscher exprime cependant une vive inquiétude : les vaccins vétérinaires à base d’ARNm pourraient bien chambouler le microbiote canin et le rendre beaucoup moins sympa !

Une bactérie pour vaincre le diabète ?

Notre troisième hommage à l’univers bactériel nous amène à faire miroiter une victoire possible sur une maladie de civilisation épouvantablement répandue et ravageuse : le diabète. Des chercheurs de l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve (Belgique) et de huit pays européens viennent en effet d’identifier une bactérie intestinale humaine capable de transformer un nutriment végétal en une molécule essentielle au bon fonctionnement de l’intestin et du métabolisme. Son nom ? Dysosmobacter welbionis. Cette souche est capable de convertir le myo-inositol – molécule naturelle très présente dans les fruits, céréales complètes, noix et légumineuses – en butyrate. Or cet acide gras à chaîne courte est souvent retrouvé en quantité réduite dans de nombreuses maladies inflammatoires, métaboliques ou intestinales, et même certains cancers.

De là à penser qu’une supplémentation ferait merveille, il y a évidemment un pas tentant à franchir. Dans l’article annonçant cette découverte, on apprend que les scientifiques sont déjà passés de la théorie à la pratique : ils ont alimenté des souris rendues obèses et diabétiques avec un régime riche en graisses et les ont supplémentées en D. welbionis. Bilan : une forte amélioration du contrôle de la glycémie chez les animaux traités par rapport au groupe témoin. Il faudra bien sûr confirmer chez l’homme mais « la convergence entre la fréquence de cette bactérie, sa capacité à produire du butyrate et les bénéfices précliniques observés en fait un candidat extrêmement prometteur » a déclaré l’auteur principal de l’étude.

Si cette recherche suscitera l’espoir chez les diabétiques, elle intéressera également les individus sujets aux troubles hépatiques, et notamment à la maladie du foie gras (stéatose non-alcoolique). Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont analysé plusieurs milliers d’échantillons et découvert que D. welbionis était moins abondante chez les patients souffrant de cette affection. Les souris supplémentées ont d’ailleurs aussi réduit leur graisse hépatique. En attendant que soit commercialisé un probiotique de nouvelle génération, il va de soi que le recours aux alicaments existants – il existe déjà des compléments alimentaires à base d’inositol – et l’adoption d’un régime favorable à la bactérie bénéfique profiteront aux personnes dont le pancréas et/ou le foie dysfonctionnent. À ce propos, on ne peut que saluer la décision de Robert. F. Kennedy de promouvoir une nouvelle pyramide alimentaire privilégiant les vrais aliments et fustigeant les produits ultra-transformés. Cette seule mesure devrait considérablement aider l’Amérique à devenir « healthy again ».

Antibiorésistance : deux médicaments courants impliqués

Chouchouter ses microbes intérieurs apparaît de plus en plus comme une clé de santé essentielle. Mais encore faut-il ne pas les agresser et les annihiler par voie médicamenteuse. La consommation d’antibiotiques est d’autant plus problématique qu’elle suscite la résistance des bactéries et que les traitements antibactériens deviennent impuissants à juguler les infections. Selon certaines estimations, cette antibiorésistance pourrait causer la mort de 40 millions de Terriens d’ici à 2050 ! Or une quatrième découverte récente vient d’assombrir encore l’horizon : certains médicaments non antibiotiques (MNA) contribueraient à la riposte microbienne !

Pour leur étude parue en août dernier, des chercheurs australiens ont étudié neuf MNA couramment prescrits et à des concentrations semblables à celles trouvées dans les intestins d’une personne les ayant pris. Isolés, aucun de ces médicaments n’avaient le moindre effet sur la bactérie Escherichia coli. Mais en présence de ciprofloxacine, deux d’entre eux favorisaient la mutation génétique et la croissance de l’agent infectieux malgré l’action de l’antibiotique. Lesquels ? Je vous le donne en mille : le paracétamol et l’ibuprofène ! Outre leurs nombreux effets indésirables, ces deux médocs surconsommés et scandaleusement banalisés ont donc le défaut supplémentaire de faire muter les bactéries pour les rendre plus dangereuses. Après les avoir cultivées avec l’un des médicaments, les chercheurs ont constaté qu’il fallait multiplier la dose de ciprofloxacine jusqu’à 16 fois pour parvenir à les tuer !

S’il le fallait, cette recherche confirme que le vivant ne se laisse pas faire et qu’il devient mutant si on lui fait la guerre. Si l’on veut sauver les antibiotiques, il devient impératif d’en restreindre drastiquement l’usage et de réserver l’administration de ces médicaments antivie aux infections les plus graves engageant le pronostic vital. Mais l’étude australienne autorise une déduction bien plus percutante : c’est la médecine chimique dans son ensemble qui fait fausse route en s’attaquant aux bactéries et aux symptômes des maladies. Si les médocs antalgiques, fébrifuges et/ou anti-inflammatoires contribuent à doper les microbes, c’est bien la preuve que la douleur, la fièvre et l’inflammation sont des réactions salutaires du corps et qu’il conviendrait autant que possible de ne pas les combattre. Un grand merci à nos amies bactéries d’avoir fait passer cet important message.

Yves Rasir

Laisser un commentaire